Article un peu particulier aujourd’hui car je ne vous parlerai pas de réseaux sociaux mais d’un statut que beaucoup d’entre nous avons occupé : celui de stagiaire. Cette réflexion est partie d’un constat : beaucoup d’entreprises optent pour des Community Managers stagiaires au lieu d’embaucher à durée indéterminée une personne pour occuper ce poste ; ou confier la gestion de leur(s) communauté(s) à une agence. Sans entrer dans le détail des risques inhérents à confier ce type de fonction à un stagiaire (aussi compétent et volontaire soit-il) j’ai poussé ma réflexion et je me suis demandé, au-delà de certaines obligations légales et budgétaires, pourquoi les entreprises recrutent t’elles des stagiaires ? Quels bénéfices y trouvent-elles ? Il faut également avoir en tête que le statut de stagiaire est souvent décrié par ceux qui l’occupent notamment pour son côté « main d’œuvre bon marché » (rémunération souvent très faible et des attentes et exigences très forte et/ou des missions parfois ingrates).
Ce que je dirai dans cet article est un peu tout et n’importe quoi. Il s’agit d’une réflexion personnelle qui n’est en aucun cas ma biographie. Certains des points que j’évoquerai sont du vécu, d’autres des craintes qui m’habitent. Entre généralisations absurdes, moments de grande naïveté et monde des bisounours, c’est parti !
Si j’avance et que tu recules comment veux-tu…
Il est toujours plus facile de voir le « mal » quand on ne le côtoie pas quotidiennement. C’est d’ailleurs le fond de commerce des auditeurs : mettre leur expertise, leur extériorité et leur recul au service d’une entreprise. Lorsque nous n’avons pas connaissances des rouages et des process d’une entreprise nous sommes plus enclins à les « transgresser » (involontairement ou non) et ne sommes pas « conditionnés » ou « démotivés » par certaines lourdeurs procédurières.
Imaginez que vous arrivez dans une entreprise et que vous proposez de nombreuses idées d’améliorations, de modernisations, des campagnes de communication décalées, hors des sentiers battus de l’entreprise mais toujours en phase avec son positionnement, sa/ses cible(s). Des idées à chaque fois rejetées. Si à la suite de votre stage vous êtes embauchés vous n’aurez plus cette propension à proposer des choses innovantes et vous vous engluerez dans une certaine banalisation de votre travail car vous vous êtes résignés « ça ne sert a rien que je perde mon temps à proposer telle ou telle chose car je sais qu’elle sera rejetée ». Le travail en tant que titulaire bride (voir inhibe) d’une certaine manière l’esprit créatif (en exagérant énormément on ne travaille plus pour plaire ni pour se faire plaisir mais pour vivre, on rentre dans le « système », dans les rangs).
Je connais quelqu’un qui connait quelqu’un…
Comme je l’évoquais dans un article précédent (comment se créer et animer un réseau professionnel) l’accession à certains types de contrats (particulièrement les stages et contrats en alternance) est souvent le fruit de la connaissance et non de la compétence. C’est ce que l’on appelle plus vulgairement un « piston ». Évidemment je généralise et dans la « vraie vie », le « vrai monde du travail » cela ne se passe pas (tout le temps) comme ça. Quoiqu’il en soit lorsqu’une personne occupe un poste car elle a bénéficié d’une chance de plus (on pourrait appeler ça un avantage concurrentiel) qu’un autre candidat d’accéder à ce poste je trouve que le défi est d’autant plus important à relever. On se trouve alors animé par une double volonté : ne pas se décevoir soi-même (qui est, je pense, une des principales motivations au travail) mais également ne pas décevoir la personne qui nous a recommandé. Si vous ne faites pas vos preuves (et plus encore) vous vous discréditez et pis encore vous discréditez votre proche qui réfléchira à deux fois avant de vous recommander de nouveau auprès de son réseau professionnel.
Une bonne note pour une belle mélodie…
Autre élément qui puisse être déclencheur de motivation est la « pression scolaire » qui encadre les stages. Relations régulières entre votre tuteur de stage et votre responsable de formation, évaluation a posteriori… La note que vous obtiendrez à votre rapport de stage est très souvent déterminante de la validation de votre année. Une pression qui disparait lorsque votre place au sein d’une société est acquise. La seule pression restante est la bière celle de sa hiérarchie.
C’est un cap, que dis-je c’est une péninsule…
Les évolutions environnementales (je ne parle pas de Nicolas Hulot mais de l’environnement technologique essentiellement) et sociétales font qu’aujourd’hui, notre génération, la « fameuse » génération Y, a de nombreuses prédispositions et facilités à intégrer, comprendre et utiliser l’informatique au quotidien. Cette pratique répétée et systématique nous donne de nombreux automatismes que certaines personnes n’ont pas, par la « force de l’âge » associée au manque de formation (et parfois au manque de pratique). La cohabitation de ces générations au sein d’un service d’entreprise permet donc le partage d’expérience de bonnes pratiques et encourage la montée en compétence.
Et les réseaux sociaux dans tout ça ?
Je ne pouvais pas vous laisser partir sans faire un paragraphe en lien avec la thématique de mon blog ! Je parlerai donc de ce que j’évoquais dans l’introduction, à savoir les risques inhérents à confier une fonction de community manager à un stagiaire (que ce soit un stagiaire temps plein dont la durée du stage varie généralement de 4 à 6 mois ; ou un stagiaire en alternance). Le propre d’un community manager est de savoir être réactif, obtenir des éléments de réponses aux questions des internautes. Pour bien faire son travail il doit être irréprochable sur sa connaissance de l’entreprise, de sa structuration, des personnes qui y travaillent et de l’organisation interne des projets. Cet apprentissage est long et difficilement compatible avec un statut de stagiaire. Mais si de nombreuses sociétés optent pour des stagiaires pour occuper cette fonction je pense que c’est pour deux raisons principales :
- La peur, voir la réticence à investir dans un domaine encore inconnu
- Les réseaux sociaux sont souvent associés à une partie jeune de la population. La plupart du temps les stagiaires sont assez jeune ; et par un amalgame formidable de nombreuses entreprises considèrent que les jeunes sont donc habiles (Bill) avec ces plateformes, en maitrises tous les recoins, savent susciter l’intérêt sur leurs photos de vacances ou de soirée et seront donc compétent pour animer une page d’entreprise.
Et c’est une grave erreur. Les mutations dans la communication et dans la distribution font des réseaux sociaux un nouveau canal à appréhender avec autant d’attention qu’un média traditionnel.
Bref.
Perd t’on ce recul et cette capacité créatrice avec le temps ? La conscience professionnelle disparait-elle ? Vous l’aurez compris cet article me permet d’extérioriser certaines craintes que je m’efforce de combattre quotidiennement. J’aime à croire que la majorité d’entre nous conserve tout au long de sa carrière « l’envie de bien faire » et la volonté d’innover en permanence. Cette fin arrive un peu vite pour vous « frustrer » et vous donner envie de commenter !
Un grand merci à Adrien Vion pour son aide
Des articles qui tombent à pic :
http://www.rue89.com/2010/11/27/ces-trentenaires-qui-nont-plus-envie-de-se-lever-pour-bosser-177881
http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2011/10/24/concentrez-vous_1592999_3238.html
http://www.blogoergosum.com/27587-entre-stage-et-job-quelle-place-donner-au-cm




Pour avoir été stagiaire et pour devoir re-signer 6 mois prochainement, je vois les entreprises comme des profiteurs. Outre le fait d’apporter du sang neuf à leur boite (et encore, est ce que les idées d’un simple stagiaire seront elles prisent en compte?), c’est surtout le moyen de combler un manque ponctuel de salariés. Pas envie d’embauché un CDD ou intérimaire, ça coute trop cher ! Un étudiant en alternance, trop cher aussi… Reste les stagiaires : super diplômé, super flexible avide d’apprendre et de rentrer dans la vie active coûte que coûte, même des missions café-photocopieuse lui iront. Et en plus, on peut le payer des cacapouette il dira rien, ben oui, il lui faut un stage pour terminer ses études…
Et du point de vue des salariés, on est pas non plus toujours spécialement bien accueillit… Pour peut qu’on brigue un contrat à la fin de notre stage et qu’on pique la place de Mme l’assistante marketing qui a 5 ans d’expérience et qui se fait passer devant par un petit jeune…
Donc oui, ça blase d’être à peine entrer dans le monde du travail et de ne pas être reconnu comme « jeune diplômé avec des qualités et en recherche d’expérience » mais comme « main d’oeuvre gratuite » (avec les dollars dans les yeux des recruteur ^^).
[...] Blog de François Combes : marketing et communication 2.0 Finirons-nous tous stagiaires ? Cette réflexion est partie d’un constat : beaucoup d’entreprises optent pour des Community Managers stagiaires au lieu d’embaucher à durée indéterminée une personne pour occuper ce poste ; ou confier la gestion de leur(s) communauté(s) à une agence. [...]